mars 26, 2023
HAITI JUSTICE

Assassinat de Jovenel Moise : Pierre Esperance du RNDDH évoque une possible complicité interne

Le directeur exécutif du Réseau national de défense de droits humains (RNDDH), Pierre Esperance,  s’interroge perplexe sur la facilité avec laquelle les « mercenaires » ont assassiné le 58e président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse.  

Rien que pour la sécurité de  la résidence de Jovenel Moise, la PNH mobilise entre 28 et 30 policiers de différentes unités spécialisés de la PNH dont l’USGPN, le CAT TEAM et l’USP,  souligne M. Espérance. 

Le militant des droits humains révèle que « le jour du crime, 10 agents de l’USGPN, 6 du CAT TEAM et 6 de l’USP étaient présents sur les lieux ». Le patron du RNDDH, qui croit que ces policiers qui assuraient la sécurité de la résidence du chef de l’Etat doivent s’expliquer sur cette affaire, n’écarte pas la possibilité qu’il y ait une certaine complicité interne notamment au niveau de la chaine de sécurité du désormais président défunt. 

Pour Pierre Esperance, les autorités du pays ont l’impérieuse obligation de respecter le droit à la vérité dans cette affaire. Mais le responsable ne se fait aucun doute que l’assassinat du président Jovenel Moise est le résultat de la banalisation de la vie par le régime PHKT depuis son accession au pouvoir.

Interrogé sur les invitations du commissaire du gouvernement de  Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude,  dans le cadre de ce dossier, Pierre Esperance qualifie de démagogique les actes du chef de la poursuite.

« L’enquête autour de l’assassinat de Jovenel Moise doit se réaliser en toute sérénité. La police judiciaire est déjà saisie, le commissaire du gouvernement n’a encore rien à sa disposition pour poser de tels actes.»,  déclare Pierre Esperance. Le CG Claude doit attendre au moins le rapport préliminaire de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ)  avant d’avancer, soutient le militant des droits humains.

Des images choquantes du cadavre du président Jovenel Moïse sont devenues virales sur certains réseaux sociaux depuis le début de cette semaine. Le responsable du RNDDH se dit révulsé par cette pratique dénonçant une « violation du droit privé » de président-défunt.

Pierre Esperance en a profité pour appeler les acteurs à un dépassement de soi en vue de gérer le vide institutionnel causé par l’assassinat brutal et tragique du président Jovenel Moise.